Frank Robinson, légende du baseball majeur

Figure légendaire du baseball majeur, Frank Robinson, qui a aussi été le dernier gérant de l’histoire des Expos de Montréal de 2002 à 2004, est décédé, jeudi, à 83 ans.

Éprouvant des ennuis de santé, Robinson avait passé les derniers mois dans une résidence avec soins palliatifs dans le sud de la Californie. Reconnu comme l’un des meilleurs joueurs de l’histoire, il fut également le premier gérant afro-américain à avoir dirigé dans le baseball majeur, en 1975, avec les Indians de Cleveland.

«J’ai toujours eu énormément d’admiration et de respect pour Robinson, le joueur : il avait un talent exceptionnel sur le terrain, a commenté le descripteur québécois Jacques Doucet. Comme gérant, on ne peut pas dire qu’il a connu le même succès.»

Ses réalisations comme athlète ont naturellement pavé la voie à son intronisation au Temple de la renommée du baseball, à Cooperstown, dès sa première année d’admissibilité, en 1982. Il avait alors été accueilli au Panthéon en même temps qu’une autre légende : Hank Aaron.

Avec ses 586 circuits en carrière, dont 324 dans l’uniforme des Reds de Cincinnati, il vient au 10e rang de tous les temps. C’est toutefois avec les Orioles de Baltimore que Robinson a vécu ses plus beaux moments, remportant la Série mondiale à deux reprises, en 1966 et 1970. Il a d’ailleurs été nommé le joueur par excellence de la grande finale lors de la première occasion.

Voté à l’unanimité recrue de l’année dans la Nationale en 1956, Robinson demeure par ailleurs, à ce jour, le seul athlète à avoir reçu le titre de joueur le plus utile dans les deux ligues, soit dans la Nationale, avec les Reds en 1961, et dans l’Américaine, avec les Orioles en 1966. Cette année-là, il avait aussi obtenu la Triple couronne grâce à une moyenne au bâton de ,316, à ses 49 circuits et à ses 122 points produits.

Son séjour avec les Expos

Après son passage historique comme gérant chez les Indians, Robinson a aussi dirigé les Giants de San Francisco et les Orioles avant de se retrouver, des années plus tard, à Montréal. Il allait éventuellement suivre l’équipe à Washington.

«Il ne faudrait pas juger Frank Robinson uniquement par son bref passage à Montréal, a prévenu monsieur Doucet. Surtout qu’il s’en venait ici pour fermer les livres.»

L’arrivée de Robinson suivait effectivement la prise de contrôle du club montréalais par le baseball majeur, avec Tony Tavares à la présidence et Omar Minaya qui agissait à titre de directeur général. À Montréal, il aura mené l’équipe à deux saisons successives de 83-79, avant de conclure, en 2004, avec un piètre dossier de 67-95.

Un mot de la mairesse

Le séjour de Robinson chez les Expos aura néanmoins eu le temps de marquer quelques Québécois, dont la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

«Peinée d’apprendre le décès de Frank Robinson, dernier gérant de nos Amours, premier gérant afro-américain du baseball majeur et l’un des plus grands joueurs de l’histoire du baseball», a-t-elle réagi, dans la journée de jeudi, sur son compte Twitter.

De telles réactions ont évidemment été répandues aux quatre coins de l’Amérique du Nord. Pendant ses 21 saisons comme joueur, Robinson a surtout porté les couleurs des Reds et des Orioles, mais il a aussi joué pour les Dodgers de Los Angeles, les Angels de la Californie et les Indians. L’homme était par ailleurs natif de Beaumont, au Texas.

Source: journal de montreal